Le revêtement ne tient pas. Trois semaines après application, la résine époxy se décolle par plaques. La cause ? Une préparation de surface bâclée. Ce scénario, je le rencontre régulièrement sur les chantiers de réhabilitation. Le problème n’est pas le produit appliqué. C’est ce qui se passe avant.
Sablage trop agressif qui fragilise le support. Nettoyage haute pression insuffisant pour retirer les anciennes couches. Décapage chimique qui laisse des résidus incompatibles. Les professionnels du BTP connaissent ces impasses. L’hydrodécapage propose une alternative : utiliser l’eau comme seul agent de traitement, à des pressions calibrées selon l’objectif. Trois niveaux existent — DHP, DTHP, DSHP. Chacun répond à un besoin précis. Reste à choisir le bon.
DHP, DTHP, DSHP : trois niveaux de pression pour trois objectifs distincts
Monter la pression ne garantit pas un meilleur résultat. C’est contre-intuitif. Pourtant, dans ma pratique sur chantier, j’ai vu des supports détruits par un excès de puissance là où une pression modérée aurait suffi. La clé n’est pas la force brute, mais l’adéquation entre la technique et l’objectif visé.
Selon les données techniques industrielles 2024, les interventions d’hydrodécapage couvrent une plage de 150 à 3000 bars. Cette amplitude correspond à trois techniques distinctes, chacune avec sa logique d’application.

Le récapitulatif ci-dessous présente les caractéristiques de chaque niveau. Chaque ligne détaille la plage de pression, le type d’action sur le support et les applications courantes. Ces informations permettent d’identifier rapidement la technique adaptée à votre chantier.
| Technique | Plage pression | Action sur support | Applications types | Contraintes |
|---|---|---|---|---|
| DHP | 150-500 bar | Nettoyage superficiel | Décontamination, récurage | Aucune altération support |
| DTHP | 500-1500 bar | Retrait couches | Peintures, résines, étanchéité | Préparation support nécessaire |
| DSHP | 1500-3000 bar | Purge profonde | Béton dégradé, ragréages | Destruction partielle contrôlée |
Sur le terrain, je constate régulièrement une confusion entre simple nettoyage haute pression et décapage véritable. Cette erreur conduit souvent à des reprises de chantier coûteuses lorsque le nouveau revêtement n’adhère pas correctement au support mal préparé. Le seuil des 400 bars, mentionné dans les avis techniques CSTB, marque la frontière entre nettoyage et préparation effective.
Attention : Utiliser du DSHP sur un support sain équivaut à détruire ce qui n’a pas besoin de l’être. Réservez les pressions supérieures à 1500 bars aux purges de béton dégradé ou aux ragréages à éliminer entièrement.
Béton, métal, pierre : adapter la technique au support
Un parking souterrain, sol béton recouvert de peinture écaillée et de traces d’huile. Le gestionnaire envisage d’abord un sablage. Mauvaise idée. L’espace confiné interdit la génération de poussières siliceuses. L’hydrodécapage DTHP avec aspiration simultanée a résolu le problème : surface prête pour résine époxy en une journée, sans arrêt prolongé de l’exploitation. Ce cas illustre l’importance du choix technique.
Comme l’indiquent les recommandations OPPBTP, le décapage à l’humide par jet haute pression limite l’empoussièrement. Cette caractéristique rend la technique particulièrement adaptée aux interventions en milieu occupé ou sensible.
Hydrodécapage vs sablage : L’hydrodécapage utilise l’eau comme unique agent de décapage. Contrairement au sablage, il ne génère pas de poussières siliceuses et permet une intervention en milieu confiné. Le support reste humide après traitement, ce qui peut allonger le délai avant application du nouveau revêtement selon les conditions de ventilation.

Pour le béton, la plage DTHP (500-1500 bars) convient à la majorité des cas : retrait de peintures, décapage d’anciennes étanchéités, préparation avant ragréage. Le métal requiert davantage de précautions. La corrosion peut masquer une épaisseur résiduelle insuffisante. L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Décaper sans diagnostic préalable de l’état structurel.
La pierre impose une approche spécifique. Les prestataires spécialisés comme tsb-groupe.com proposent les trois niveaux de pression adaptés à chaque situation. Trop fort, le jet creuse la pierre tendre. Trop faible, il n’élimine pas les salissures incrustées.
Supports à éviter ou nécessitant précautions particulières :
- Béton jeune (moins de 28 jours) : risque de détérioration du liant
- Supports fissurés non stabilisés : aggravation possible des fissures
- Zones avec réseau électrique apparent : risque de court-circuit
- Espaces sans évacuation d’eau : gestion effluents à prévoir impérativement
Mon conseil : ne jamais engager un décapage sans avoir vérifié la compatibilité du support avec la pression envisagée. Dix minutes d’analyse évitent des heures de reprise.
Organiser son chantier hydrodécapage : étapes et points de vigilance
40% de temps d’immobilisation en moins. C’est le gain constaté sur les sites de production grâce à l’absence de démontage des installations, selon les données techniques THP 2024. Les équipements robotisés atteignent des rendements jusqu’à cinq fois supérieurs au décapage manuel. Ces chiffres justifient l’investissement dans une préparation rigoureuse.
Une intervention classique se déroule sur . Diagnostic préalable une semaine avant (J-7) pour identifier le support et choisir le niveau de pression. Installation des équipements et protection des zones adjacentes la veille (J-1). Décapage proprement dit avec gestion simultanée des effluents (J). Séchage et contrôle qualité d’adhérence le lendemain (J+1). Validation finale pour application du nouveau revêtement (J+2).
Préparer son chantier hydrodécapage
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Diagnostic préalable : identification du support et des couches à retirer
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Choix technique : DHP, DTHP ou DSHP selon profondeur souhaitée
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Alimentation eau : débit et pression disponibles sur site
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Évacuation effluents : réseau ou système de récupération mobile
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Coordination corps d’état : délai séchage avant intervention suivante
La préparation de vos travaux de rénovation inclut nécessairement cette phase de diagnostic. Sans elle, le risque de mauvais calibrage de la pression augmente significativement.
Les interventions que j’ai supervisées montrent une constante : les échecs viennent rarement de la technique elle-même, mais du manque de préparation amont. Vérification des réseaux enterrés, protection des équipements sensibles à l’eau, organisation de l’évacuation des effluents chargés — chaque détail compte.
Une fois la préparation de surface achevée, d’autres corps de métier interviennent. Les prestations d’un maçon professionnel peuvent compléter le travail : ragréage, application de chape, pose de revêtement. L’hydrodécapage n’est qu’une étape. Celle qui conditionne la réussite de toutes les suivantes.
